Bannière Faculté des sciences humaines CRIEC
bannieres

Axe 2 : Citoyenneté, droit(s) et processus de subjectivation et d’assujettissement

Axe 2 : Citoyenneté, droit(s) et processus de subjectivation et d’assujettissement 

Cet axe aborde les enjeux de citoyenneté, de droits, d’intégration et d’inclusion tant dans leurs conceptualisations théoriques que dans leurs réalités empiriques dans les conditions de vie et les milieux institutionnels de l’éducation, de la santé, des médias, du droit et de la politique, sur le plan linguistique et sur le plan religieux. L’inclusion dans la société est promue, notamment, par les textes de droit pour permettre diverses modalités de citoyenneté démocratique conçues comme moyens de participation active de l'individu dans une communauté d'appartenance (citoyenneté politique, citoyenneté sociale, citoyenneté culturelle). Cette citoyenneté, une ou plurielle, a pour prémisse le fait que l’on devient citoyen par sa participation active à la vie de la Cité. Or, les modes contemporains du phénomène juridique, notamment le tournant matérialiste en sciences sociales, remettent en cause cette image unitaire du sujet de droit héritée du 18e siècle.

Font notamment l’objet des travaux de cet axe les sujets de droit, et les sujets assujettis au droit appartenant à des groupes discriminés, tant dans leurs conceptualisations théoriques que dans les réalités empiriques de leurs conditions de vie et des divers milieux institutionnels. Cette perspective sera déclinée sous deux perspectives complémentaires: le sujet fragmenté et le sujet déployé. Dans le premier cas, l'accent est mis sur les phénomènes de fragmentation du sujet de droit qui permettent l’invisibilisation des personnes (p.ex. les modulations du traitement juridique des populations en mouvement, comme les demandeurs d’asile et leur famille), la limitation de leur agentivité dans la sphère juridique et socio-économique (p.ex. la subjectivité fragmentée des enfants ou encore la vulnérabilisation des personnes migrantes par les politiques des États de transit et de destination alors qu’elles sont déjà précarisées par leur déracinement) , et leur objectification (p.ex. le sujet saisi et défini par les algorithmes dans son processus migratoire ou la réduction de personnes réfugiées à des traumatismes prédéfinis). Dans le second cas, l'accent est mis ici sur les phénomènes du recentrement du sujet de droit sur sa dimension psychique (par exemple les personnes interesexe), son ancrage dans la société et la dimension interpersonnelle, inter-relationnelle de ses capacités/capabilités (par ex la possibilité pour une personne à la cognition défaillante de pouvoir être assistée dans sa prise de décision par autrui).

Les obstacles aux processus d’expression de citoyenneté (économique, sociale, politique et culturelle) que constitue l’intersectionnalité des discriminations (race, classe, genre, handicap, etc) reçoivent ici une attention particulière. Une attention est portée aux sujets de droit ancrés dans des groupes invisibilisés par les régimes de gouvernementalité et au déploiement des dispositifs juridiques dans la construction des figures de l'Étranger, en soutien des récits originels de la nation et de la cité. Les pratiques de résistance et de lutte des groupes ciblés par diverses discriminations/rapports de domination tels que le racisme, le sexisme, le capacitisme, ou encore les rapports de classe feront l’objet d’étude tout comme les stratégies et les options identitaires adoptées par ceux-ci.