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Axe 4 : Intégration, exclusions, et processus identitaires

Axe 4 : Intégration, exclusions, et processus identitaires 

Cet axe regroupe deux types de questionnements, qui concernent : a) les processus d’intégration ou au contraire d’exclusion, incluant le racisme et les discriminations ; et b) les processus identitaires qui caractérisent les groupes d’immigration récente et les minorités racisées. Les interactions entre ces deux grandes catégories de processus sont aussi au cœur des travaux qui se situent dans cet axe. Tant les réflexions théoriques que les problèmes méthodologiques relatifs à ces questions ont retenu l’attention des membres de l’axe.

La notion d’exclusion est graduellement devenue centrale dans les recherches sur les rapports ethniques, car elle permet de mieux théoriser les manifestations et les conséquences du racisme et des discriminations. L’immigration a un effet spécifique sur les rapports ethniques, qui à leur tour affectent de façon différenciée l’évolution des processus d’immigration et d’intégration. Les discriminations sur la base de la couleur de la peau, du sexe ou du patronyme sont encore très présentes. Dans ces processus, si le racisme biologique et ouvert a presque disparu, le néo-racisme, qui exclut des individus en fonction de leurs différences culturelles, réelles ou présumées, prend des formes diverses et s’exprime sous forme détournée, notamment dans les médias. Le rôle des médias est fondamental ici, car, en plus de leur rôle comme espace de visibilité, ces derniers jouent littéralement un rôle de « médiation ». C’est à travers la représentation médiatique que des enjeux semblent devenir existentiels ou au contraire s’atténuer, et que les « Autres » sont représentés comme une menace ou comme des alliés. Le racisme systémique, quant à lui, sévit surtout dans la sphère de l’emploi, mais il existe aussi dans la sphère de la représentation, notamment dans les arts et les institutions culturelles, et il a des conséquences importantes sur le sentiment d’appartenance des nouveaux arrivants.

Cet axe s’intéresse aussi aux processus d’intégration des immigrants, notamment par le biais de la francisation et des pratiques socioculturelles et artistiques. Enjeu névralgique pour le Québec, la francisation a un rapport profond avec l’intégration des immigrants, qui est un processus complexe se déroulant à moyen terme. Plus largement, les travaux qui se situent dans cet axe visent à mieux comprendre comment se construisent les rapports entre les immigrants (groupes et individus) et la société d’accueil, et comment ils évoluent, fluctuant entre des périodes de conflit et de repli, et des périodes d’atténuation des tensions et de renforcement des liens à travers les cultures.

C’est dans le contexte de ce « rapport à l’autre » que nous approchons les questions identitaires. Depuis les travaux fondateurs de Barth, l’ethnicité ne se conçoit plus comme un processus interne à un groupe ethnique, mais comme la résultante des interactions qui se déroulent aux frontières sociales constitutives des rapports intergroupes. Or ces frontières et les interactions qui s’y déroulent ne se situent plus uniquement à un niveau local. L’inscription des rapports sociaux dans un monde globalisé a pour conséquence de brouiller les pistes, les niveaux d’interaction s’influençant mutuellement, et les conflits internationaux se reflétant dans les rapports interethniques locaux, et vice-versa. Ces considérations nourrissent les réflexions des membres de cet axe et les conduisent à élaborer des visions novatrices de l’altérité, de l’interculturalité et de la construction identitaire, tant dans sa dimension ethnique que religieuse.

Une attention particulière est portée aux groupes et individus arabes et musulmans, qui doivent composer à la fois avec l’islamophobie et la montée des courants islamistes à l’échelle mondiale, deux facteurs qui interfèrent avec leur processus d’incorporation citoyenne au Québec. En particulier, les courants idéologiques développés ailleurs se répercutent dans ces communautés, en même temps que les images des conflits violents éloignés se reflètent dans les représentations de ces groupes dans l’imaginaire de la société d’accueil.